Comment entretenir sa montre de plongée ? [Guide complet]

Montre de plongée en cours d’entretien avec outils d’horlogerie, pour illustrer la maintenance et l’étanchéité

Une montre de plongée ne demande pas beaucoup d’entretien, mais elle exige le bon entretien. J’ai vu trop de montres certifiées ISO 6425 perdre leur étanchéité en quelques mois, non pas à cause d’un défaut de fabrication, mais simplement parce que leur propriétaire ignorait trois gestes simples.

Après 30 ans passés sous l’eau dans des conditions qui mettent le matériel à rude épreuve, je peux vous dire une chose : votre montre de plongée est conçue pour résister à la pression des profondeurs, mais elle reste vulnérable aux négligences du quotidien. L’eau salée, le chlore, les chocs thermiques et les joints secs sont ses véritables ennemis.

Dans ce guide, je vais vous transmettre les protocoles d’entretien que j’applique depuis des décennies. Rien de compliqué : des gestes de bon sens, un calendrier de maintenance clair, et quelques règles de sécurité à ne jamais négliger pour préserver la fiabilité mécanique de votre équipement.

En bref : Les 5 piliers de l’entretien d’une montre de plongée

  • Rincer systématiquement à l’eau douce après chaque exposition à l’eau salée ou chlorée
  • Vérifier visuellement l’état des joints et de la couronne avant chaque plongée
  • Faire réviser l’étanchéité tous les 2 ans minimum, ou après tout choc important
  • Ne jamais manipuler la couronne ou les poussoirs sous l’eau
  • Stocker la montre dans un endroit sec, à l’abri des variations thermiques extrêmes

Pourquoi l’entretien d’une montre de plongée est indispensable

Une montre de plongée n’est pas une montre ordinaire. Elle est conçue pour maintenir son étanchéité sous pression, parfois jusqu’à 300 mètres ou plus. Cette capacité repose sur un système de joints toriques en caoutchouc ou en silicone qui assurent l’isolation du mouvement.

Le problème, c’est que ces joints sont des pièces d’usure. Ils se dégradent naturellement avec le temps, même si vous ne plongez jamais. L’exposition aux UV, aux variations de température, au sel et au chlore accélère ce vieillissement. Un joint sec ou craquelé, c’est une porte ouverte à l’humidité.

J’ai récupéré des montres censées résister à 200 mètres qui ont pris l’eau à 15 mètres. Pas parce que la montre était de mauvaise qualité, mais parce que les joints n’avaient jamais été changés en cinq ans d’utilisation. L’étanchéité n’est jamais acquise définitivement.

L’autre aspect critique, c’est l’accumulation de résidus. L’eau de mer laisse des cristaux de sel qui s’infiltrent dans les interstices de la couronne et du boîtier. Ces dépôts peuvent bloquer les mécanismes, gripper la lunette tournante, et créer des micro-fuites. Une montre mal rincée vieillit deux fois plus vite.

Enfin, une montre automatique contient des lubrifiants qui assurent la fluidité du mouvement. Ces huiles horlogères se dégradent avec le temps et l’humidité. Sans révision périodique, le mécanisme s’use prématurément, et vous perdez en précision et en fiabilité.

Que faire avant d’utiliser une montre de plongée en mer ou en piscine

Vérifier visuellement l’état général

Avant chaque immersion, je procède à une inspection visuelle rapide mais systématique. Je vérifie d’abord que la couronne est bien vissée à fond. Une couronne mal vissée, c’est la garantie d’une infiltration d’eau. Sur certains modèles, vous sentirez une légère résistance en fin de vissage : c’est normal, ne forcez pas excessivement.

Ensuite, j’examine les joints visibles, notamment celui de la lunette tournante. Recherchez des fissures, des déformations ou des traces de saleté. Si vous voyez des résidus coincés sous la lunette, nettoyez-les avant de plonger. Un grain de sable peut compromettre l’étanchéité.

Vérifiez également l’état du verre. Une micro-fissure invisible en surface peut céder sous la pression. Si vous avez un doute après un choc, faites tester l’étanchéité en boutique avant de replonger.

Tester les fonctions mécaniques

Actionnez la lunette tournante : elle doit tourner librement dans un sens et rester bloquée dans l’autre (pour les lunettes unidirectionnelles). Si elle grince ou résiste anormalement, c’est souvent signe d’accumulation de sel ou de sable. Dans ce cas, un rinçage prolongé sous l’eau courante s’impose.

Pour les chronographes de plongée, testez les poussoirs hors de l’eau. Ils doivent fonctionner sans à-coups. Ne jamais actionner un poussoir sous l’eau, même sur une montre certifiée pour cet usage, sauf si vous êtes absolument certain de la conformité du modèle.

S’assurer de la lisibilité

Vérifiez que les index luminescents sont encore efficaces. Une montre de plongée conforme à la norme ISO 6425 doit rester lisible dans l’obscurité totale à 25 cm pendant plusieurs heures. Si votre luminescence faiblit après quelques minutes, cela peut indiquer un vieillissement du matériau luminescent ou, plus grave, une exposition à l’humidité.

Assurez-vous que le cadran et les aiguilles sont parfaitement secs. La présence de buée sous le verre est un signe critique de perte d’étanchéité. Dans ce cas, arrêtez immédiatement toute utilisation et faites réviser la montre.

Comment rincer une montre de plongée après une plongée en mer

Le protocole de rinçage systématique

Dès que vous sortez de l’eau, l’horloge tourne. Les cristaux de sel commencent à se former sur votre montre en quelques minutes à peine. Plus vous attendez, plus ils s’incrustent. Mon protocole est simple : rinçage à l’eau douce tiède dans les 30 minutes qui suivent la plongée.

Placez la montre sous un filet d’eau courante pendant au moins deux minutes. Insistez sur la lunette tournante : faites-la tourner sous l’eau pour évacuer les résidus coincés dans le mécanisme. Passez également sous la couronne et les cornes du bracelet, zones où le sel s’accumule facilement.

Pour un rinçage optimal, je recommande de plonger la montre dans un récipient d’eau douce pendant 10 à 15 minutes. Certains plongeurs ajoutent une goutte de savon doux : c’est acceptable, mais rincez ensuite abondamment pour éliminer toute trace de détergent.

Le séchage sans risque

Après le rinçage, séchez la montre avec un chiffon doux non pelucheux. Évitez les tissus rugueux qui peuvent rayer le verre ou le boîtier. Tamponnez plutôt que de frotter, surtout autour de la couronne.

Laissez ensuite sécher à l’air libre, à l’abri du soleil direct. Une exposition prolongée aux UV peut dégrader les joints et décolorer certains cadrans. Ne jamais utiliser de sèche-cheveux ou de source de chaleur artificielle : le choc thermique peut fissurer le verre ou déformer les joints.

Vérifiez que toutes les zones sont bien sèches avant de ranger la montre. L’humidité résiduelle dans les maillons du bracelet peut provoquer de la corrosion sur les modèles en acier non traité.

Attention aux bracelets

Les bracelets métalliques accumulent sel et sable entre les maillons. Après le rinçage, agitez le bracelet pour évacuer l’eau emprisonnée. Vous pouvez utiliser une brosse à dents souple pour nettoyer les interstices, surtout si vous remarquez des dépôts blancs.

Pour les bracelets en caoutchouc ou en silicone, le rinçage est plus simple, mais inspectez régulièrement les barrettes qui fixent le bracelet au boîtier. J’ai vu des montres se détacher en plongée à cause de barrettes corrodées par le sel.

comment entretenir sa montre de plongée

Les erreurs courantes qui abîment une montre de plongée étanche

Manipuler la couronne sous l’eau

C’est l’erreur numéro un, celle qui provoque le plus d’infiltrations. Même sur une montre vissée, dévisser puis revisser la couronne sous l’eau introduit presque systématiquement de l’humidité dans le mécanisme. La pression de l’eau force le liquide à pénétrer dès que vous rompez l’étanchéité.

Je l’ai constaté en intervention : un plongeur qui voulait régler l’heure sous l’eau a détruit sa montre certifiée 300 mètres à seulement 10 mètres de profondeur. La réparation a coûté plus cher que la montre elle-même.

Négliger le rinçage après la piscine

Beaucoup pensent que l’eau chlorée est moins agressive que l’eau salée. C’est faux. Le chlore attaque les joints en caoutchouc et peut provoquer des microfissures. Il décolore également certains cadrans et bracelets.

Après une séance de natation en piscine, rincez votre montre aussi soigneusement qu’après une plongée en mer. Le chlore ne cristallise pas comme le sel, mais il reste actif sur les surfaces et continue son action corrosive tant qu’il n’est pas éliminé.

Exposer la montre à des chocs thermiques

Passer directement d’un jacuzzi à 40°C à une douche froide, ou inversement, soumet les matériaux à des contraintes importantes. Les métaux se dilatent et se contractent à des rythmes différents, ce qui peut créer des micro-fuites temporaires ou permanentes.

J’ai testé des montres en conditions extrêmes : les modèles professionnels résistent, mais ils ne sont pas conçus pour subir ces variations plusieurs fois par jour. Laissez votre montre revenir à température ambiante avant de l’exposer à un nouvel environnement thermique.

Stocker la montre dans un environnement humide

Ranger une montre de plongée dans une salle de bain mal ventilée ou dans un sac de plongée encore mouillé accélère la corrosion et la dégradation des joints. L’humidité ambiante pénètre progressivement dans le boîtier par les zones de moindre résistance.

Privilégiez un environnement sec, à température stable. Une boîte de rangement dans une chambre ou un bureau convient parfaitement. Évitez les coffres-forts enterrés ou les caves, souvent trop humides.

Utiliser des produits agressifs

Les solvants, détergents puissants, répulsifs anti-moustiques et crèmes solaires contiennent des composés chimiques qui attaquent les joints et les revêtements. J’ai vu des bracelets en caoutchouc littéralement se désagréger après une exposition prolongée à certaines crèmes solaires.

Si votre montre entre en contact avec ces produits, rincez immédiatement à l’eau douce. Ne laissez jamais un résidu chimique sécher sur le boîtier ou le bracelet.

À quelle fréquence faire réviser une montre de plongée étanche

Le calendrier de maintenance préventive

La règle de base que j’applique : révision complète tous les 2 à 3 ans pour une montre régulièrement utilisée en plongée. Cette révision comprend le changement de tous les joints, le test d’étanchéité sous pression, et le contrôle du mouvement.

Pour une montre peu utilisée (moins de 10 plongées par an), vous pouvez espacer les révisions jusqu’à 4 ans, mais jamais plus. Les joints vieillissent même au repos, et l’huile du mouvement s’oxyde avec le temps.

Je recommande un test d’étanchéité annuel, surtout si vous plongez régulièrement. C’est une opération rapide et peu coûteuse qui peut vous éviter une infiltration catastrophique. La plupart des horlogers disposent d’un caisson de test qui simule la pression en quelques minutes.

Les signes qui imposent une révision immédiate

Certains symptômes ne trompent pas et exigent une intervention rapide. La présence de buée sous le verre est le signal d’alarme absolu. Même si elle disparaît, cela signifie que l’humidité a pénétré dans le boîtier et qu’elle continuera à s’infiltrer.

Si la couronne se visse difficilement ou grince, c’est souvent signe que le filetage ou le joint est endommagé. N’insistez pas : une couronne forcée peut se bloquer définitivement ou casser le pas de vis.

Un mouvement qui ralentit, s’arrête fréquemment ou manque de précision indique un problème de lubrification ou d’usure mécanique. Sur une montre automatique, une réserve de marche qui chute brutalement est également un indicateur à prendre au sérieux.

Le test d’étanchéité professionnel

Un vrai test d’étanchéité se fait en deux temps : un test à sec qui vérifie la résistance à la pression d’air, puis un test en immersion sous pression d’eau. Seul ce protocole complet garantit que votre montre est prête à plonger en toute sécurité.

Ne vous fiez pas aux tests approximatifs. J’ai vu des vendeurs plonger une montre dans un verre d’eau et affirmer qu’elle était étanche. C’est insuffisant. Une montre peut résister à une immersion statique et céder sous pression dynamique.

Exigez un test conforme à la norme ISO 6425 ou EN 13319 si vous comptez utiliser votre montre en plongée réelle. Un certificat de test doit vous être remis après l’opération.

Montre de plongée automatique ou quartz : quelles différences d’entretien

Spécificités des montres automatiques

Les mouvements automatiques demandent plus d’attention que les mouvements quartz. Ils contiennent davantage de pièces mobiles, plus de points de lubrification, et nécessitent une révision mécanique tous les 3 à 5 ans selon l’intensité d’utilisation.

Si vous ne portez pas régulièrement votre montre automatique, utilisez un remontoir pour maintenir le mouvement en activité. Un mouvement qui s’arrête fréquemment voit ses lubrifiants se figer et s’user prématurément au redémarrage.

Attention toutefois : le remontoir doit être de qualité, avec une rotation programmable. Un remontoir qui tourne en continu peut user inutilement le mécanisme de remontage. Je préfère un cycle de rotation adapté au calibre spécifique de la montre.

Avantages du quartz en termes d’entretien

Les montres quartz sont plus simples à entretenir. Elles ont moins de pièces mobiles, ne nécessitent pas de lubrification complexe, et fonctionnent sans intervention pendant des années. La seule maintenance régulière est le changement de pile.

Faites changer la pile par un professionnel, jamais par vous-même. L’ouverture du boîtier rompt l’étanchéité, et seul un horloger disposant des outils adaptés peut remplacer la pile, nettoyer le joint, le lubrifier si nécessaire, et tester l’étanchéité après fermeture.

Je recommande de changer la pile avant qu’elle ne soit complètement épuisée. Une pile qui fuit peut endommager irrémédiablement le mouvement. Si votre montre commence à retarder ou si la trotteuse saute plusieurs secondes à la fois, c’est le signe que la pile arrive en fin de vie.

Points communs : l’étanchéité avant tout

Automatique ou quartz, l’entretien de l’étanchéité reste identique. Les joints doivent être changés tous les 2 à 3 ans, le rinçage après immersion est obligatoire, et les tests d’étanchéité sont indispensables.

La différence de mouvement n’influence pas la résistance à l’eau. J’ai utilisé des montres quartz et des automatiques en intervention : les deux types peuvent être parfaitement fiables si l’entretien est respecté.

Ne négligez jamais l’étanchéité sous prétexte que votre montre est « simple » parce qu’elle est à quartz. Une infiltration d’eau détruit un mouvement quartz aussi rapidement qu’un mouvement mécanique.

CritèreMontre AutomatiqueMontre Quartz
Révision complèteTous les 3-5 ansTous les 5-7 ans (ou au changement de pile)
Changement de pileNon applicableTous les 2-3 ans en moyenne
Test d’étanchéitéTous les 2 ans minimumTous les 2 ans minimum (ou à chaque changement de pile)
Entretien quotidienPorter régulièrement ou utiliser un remontoirAucun entretien spécifique
Sensibilité aux chocsPlus sensible (mouvement mécanique complexe)Moins sensible (mouvement électronique)
Coût de révision moyen200-500€ selon le calibre50-150€ pour changement de pile + révision étanchéité

Gestes d’entretien quotidien et stockage

Le nettoyage d’usage courant

Même si vous ne plongez pas, essuyez votre montre régulièrement avec un chiffon microfibre légèrement humide. La transpiration, les poussières et les résidus cosmétiques s’accumulent sur le boîtier et peuvent à terme altérer les finitions.

Une fois par mois, je nettoie le bracelet métallique avec une brosse douce et de l’eau savonneuse, puis je rince abondamment. Pour les bracelets en caoutchouc, un simple passage sous l’eau suffit, mais vérifiez qu’aucune saleté ne se loge sous les barrettes.

Conditions de stockage optimales

Stockez votre montre à plat ou sur un support adapté, jamais suspendue par le bracelet, ce qui peut déformer les barrettes à long terme. Évitez de la poser directement sur une surface métallique qui pourrait rayer le fond du boîtier.

Maintenez votre montre à l’écart des champs magnétiques. Un mouvement mécanique exposé à un aimant puissant (haut-parleur, ordinateur portable, fermeture magnétique de sac) peut se magnétiser et perdre en précision. Les montres quartz sont moins sensibles, mais je recommande la même prudence.

Si vous possédez plusieurs montres, ne les stockez pas en contact les unes avec les autres. Les frottements peuvent rayer les boîtiers. Utilisez des compartiments séparés ou des coussins de protection.

Porter sa montre régulièrement

Paradoxalement, une montre automatique s’use moins quand on la porte régulièrement que quand on la laisse au repos. Le mouvement en activité maintient les lubrifiants fluides et répartis uniformément.

Pour les montres quartz, l’usage régulier permet de détecter rapidement toute anomalie : perte d’étanchéité, ralentissement, dysfonctionnement. Une montre qui reste des mois dans un tiroir peut développer un problème que vous ne découvrirez qu’au moment de plonger.

Cas particuliers et situations à risque

Plongée en eau froide

L’eau froide contracte les matériaux différemment de l’eau chaude. Les joints durcissent et peuvent perdre temporairement leur élasticité. Si vous plongez régulièrement en eau froide (moins de 10°C), je recommande un contrôle d’étanchéité annuel, car les cycles de contraction-dilatation accélèrent le vieillissement.

Après une plongée en eau froide, laissez votre montre revenir progressivement à température ambiante avant de la rincer à l’eau tiède. Un choc thermique brutal peut fissurer le verre, surtout sur les modèles avec cristal saphir, matériau très dur mais fragile aux variations de température.

Plongée en altitude

Les plongées en lac de montagne soumettent la montre à des pressions différentes en raison de l’altitude. La pression atmosphérique réduite en surface modifie légèrement les contraintes sur le boîtier. Ce n’est généralement pas un problème pour les montres certifiées, mais soyez vigilant si vous alternez fréquemment plongées en mer et plongées en altitude.

Montre de plongée vintage

Les montres anciennes, même si elles étaient certifiées à l’origine, ne doivent jamais être utilisées pour plonger sans révision complète préalable. Les joints ont vieilli, les lubrifiants se sont asséchés, et les normes d’étanchéité d’il y a 30 ou 40 ans ne correspondent plus aux standards actuels.

J’ai une règle simple : une montre vintage de plongée est un objet de collection, pas un outil de plongée, sauf révision professionnelle complète avec attestation d’étanchéité récente.

Ce qu’il ne faut jamais faire

  • Ne jamais dévisser le fond du boîtier vous-même : L’ouverture d’une montre étanche exige des outils spéciaux, un environnement propre, et des compétences horlogères. Un seul grain de poussière dans le mouvement peut bloquer le mécanisme.
  • Ne jamais forcer sur une couronne vissée : Si elle résiste anormalement, c’est qu’il y a un problème. Forcer peut casser le pas de vis et rendre la montre inutilisable.
  • Ne jamais utiliser de nettoyeur ultrason sans avis professionnel : Ces appareils peuvent décoller les index du cadran, dérégler le mouvement ou endommager les composants électroniques sur une montre quartz.
  • Ne jamais exposer la montre à des produits chimiques sans rinçage immédiat : Essence, solvants, parfums, peuvent dissoudre les joints en quelques minutes.
  • Ne jamais négliger un impact violent : Même si la montre fonctionne normalement après un choc, faites-la tester. Une fissure invisible du verre peut céder lors de la prochaine immersion.

Check-list de l’entretien responsable

Pour vous aider à maintenir votre montre en conditions optimales, voici la check-list que j’applique systématiquement :

  • Avant chaque plongée : Vérifier le vissage de la couronne, l’état visuel des joints, le fonctionnement de la lunette
  • Après chaque immersion en mer ou piscine : Rinçage à l’eau douce pendant 2 minutes minimum, séchage soigneux
  • Chaque semaine (usage quotidien) : Nettoyage du bracelet et du boîtier avec un chiffon microfibre
  • Tous les mois : Nettoyage approfondi du bracelet métallique, vérification visuelle complète
  • Tous les ans : Test d’étanchéité professionnel, inspection des joints par un horloger
  • Tous les 2-3 ans : Révision complète avec changement de tous les joints et test sous pression
  • Tous les 3-5 ans (automatique) : Révision du mouvement, nettoyage et relubrification

L’importance du carnet de suivi

Je conseille de tenir un carnet de suivi pour votre montre de plongée, surtout si vous l’utilisez régulièrement en conditions réelles. Notez les dates de révision, les changements de joints, les tests d’étanchéité, et tout incident (choc, infiltration temporaire, anomalie de fonctionnement).

Ce carnet vous permet de suivre l’historique de votre montre et d’anticiper les interventions nécessaires. Il constitue également un document précieux en cas de revente, attestant du soin apporté à l’entretien.

Conservez tous les certificats de révision et de test d’étanchéité. Ce sont des preuves que votre montre a été entretenue selon les règles et qu’elle peut être utilisée en toute sécurité.

Questions Fréquentes sur l’Entretien des Montres de Plongée

Faut-il rincer sa montre de plongée après chaque sortie en mer ?

Oui, absolument. Le rinçage à l’eau douce après chaque exposition à l’eau salée n’est pas optionnel, c’est une obligation pour préserver l’étanchéité et la mécanique de votre montre. Les cristaux de sel s’incrustent rapidement dans la couronne, la lunette et les joints, provoquant corrosion et grippage. Un rinçage de 2 minutes sous l’eau courante, complété si possible par un trempage de 10 minutes, élimine ces résidus. J’ai constaté que les montres rincées systématiquement conservent leur étanchéité deux fois plus longtemps que celles qui ne le sont pas.

Peut-on se doucher avec une montre de plongée ?

Techniquement, une montre certifiée ISO 6425 résiste à l’eau de la douche, mais je déconseille cette pratique pour plusieurs raisons. Le savon et le shampoing contiennent des agents chimiques qui attaquent progressivement les joints en caoutchouc. De plus, l’eau chaude dilate les matériaux et peut créer des micro-infiltrations, surtout si les joints commencent à vieillir. Le choc thermique entre l’eau chaude de la douche et l’air ambiant soumet également le verre à des contraintes inutiles. Par précaution, retirez votre montre avant la douche, même si elle est étanche à 300 mètres.

À quelle fréquence changer les joints d’une montre étanche ?

Je recommande un changement complet de tous les joints tous les 2 à 3 ans pour une montre régulièrement utilisée en plongée. Si vous plongez occasionnellement (moins de 10 fois par an), vous pouvez espacer jusqu’à 4 ans, mais jamais au-delà. Les joints vieillissent même au repos, sous l’effet des UV, des variations thermiques et de l’oxydation naturelle. Un joint sec ou craquelé ne peut plus garantir l’étanchéité. Le changement doit être effectué par un professionnel qui testera l’étanchéité après intervention. N’attendez pas qu’un problème apparaisse : l’entretien préventif est toujours moins coûteux qu’une réparation après infiltration.

Une montre automatique demande-t-elle plus d’entretien ?

Oui, une montre automatique nécessite un entretien mécanique plus régulier qu’une montre quartz. Le mouvement automatique contient davantage de pièces mobiles et de points de lubrification qui demandent une révision complète tous les 3 à 5 ans. Cette révision inclut le démontage, le nettoyage, la relubrification et le réglage du mouvement. En revanche, concernant l’étanchéité, automatique et quartz sont logés à la même enseigne : changement de joints tous les 2-3 ans et test d’étanchéité annuel. Si vous ne portez pas votre automatique régulièrement, utilisez un remontoir de qualité pour maintenir le mouvement en activité et éviter que les lubrifiants ne se figent.

Comment savoir si une montre a perdu son étanchéité ?

Le signe le plus évident est l’apparition de buée ou de gouttelettes sous le verre. Si vous constatez ce phénomène, même temporairement, arrêtez immédiatement toute utilisation et faites réviser la montre en urgence. L’humidité à l’intérieur du boîtier provoque une oxydation rapide du mouvement. Autres indicateurs : une couronne qui se visse difficilement, un changement d’aspect du cadran (taches, décoloration), ou un mouvement qui perd soudainement en précision. Pour détecter une perte d’étanchéité avant qu’elle ne devienne visible, seul un test professionnel en caisson sous pression est fiable. C’est pourquoi je recommande un test annuel, même en l’absence de symptômes apparents.

Conclusion : L’entretien, une garantie de sécurité

Une montre de plongée est un instrument de sécurité avant d’être un accessoire. Son entretien ne relève pas du caprice ou de l’esthétisme, mais de la responsabilité. Chaque geste compte : le rinçage systématique, la vérification avant plongée, la révision périodique.

J’ai appris sur le terrain qu’on ne fait pas de compromis avec le matériel de plongée. Une montre mal entretenue peut vous lâcher au moment où vous en avez le plus besoin. À l’inverse, une montre correctement suivie reste fiable pendant des décennies.

Les protocoles que je vous ai transmis dans ce guide ne sont ni complexes ni coûteux. Ils demandent simplement de la régularité et un minimum de rigueur. Appliquez-les, et votre montre de plongée vous accompagnera en toute sécurité, plongée après plongée.

N’oubliez jamais : l’étanchéité n’est jamais définitive. Elle se mérite par un entretien constant. Prenez soin de votre montre, elle prendra soin de vous sous l’eau.« `